Les Anglo-Saxons, jaloux de leurs prérogatives en matière de rock’n’roll, ont fait en sorte que les jeunes kids français et autres aient les pires difficultés du monde à assimiler les techniques qui leur permettraient, à eux aussi, de devenir des rockstars. C’est pour cette raison que le rock français est, de tout temps, aussi médiocre et invertébré. Par exemple, il y a la langue utilisée : l’anglais, que nous, pauvre mangeur de grenouille, avons tant de mal à articuler sans donner l’impression de mâcher une livre de chewing-gum. Et puis il y a la notation des notes. De par chez nous, on connaît le do, le ré, le mi, et parfois même le fa et le sol. Cependant, quand tu veux essayer de jouer une partoche de “Blowin in the wind” trouvé sur un site anglais, rien de tout ça, mais des A, des B, des C... Rien que pour nous embêter. Heureusement, Alan Catboss veille au grain et dévoile pour toi le code magique. Tu vas voir, ce n’est pas si compliqué, mais tu noteras quand même au passage - pour te dire à quel point ils sont fourbes - qu’ils ne commencent même pas par la première lettre de l’alphabet).

 Do = C

Ré = D

Mi = E

Fa = F (facile là : ça commence par la même lettre)

Sol = G

La = A

Si = B

kajagoogoo.jpg

Autre stratagème pour écarter définitivement
les Français : les secrets de coiffure

Par Allan Catboss - Publié dans : Apprendre à jouer
Tu peux réagir, kid intrépide ! - Voir les 0 com de kids intrépides

Voici donc, jeune privilégié, le diagramme détaillé (réalisé de mes propres mains avec un soin extrême et un sens du détail qui laisse pantois, avoue-le) des trois fameux accords :

 milare

Quelques explications s’avèrent nécessaires car parmi les jeunes kids prometteurs qui fréquentent ce blog, certains sont, ne nous voilons pas la face, plus bas du plafond que d’autres.

Chaque schéma représente les trois premières cases du manche de ta guitare, comme si tu la posais en face de toi pour un tête-à-tête amoureux (inutile cependant de lui offrir des fleurs).

Les traits verticaux représentent les cordes, la corde la plus aiguë à droite (elle n’est pas difficile à repérer, c’est la plus fine). Les traits horizontaux représentent les frettes qui marquent la séparation entre chaque note.

A présent voici la traduction en mot simple du diagramme de MI :

- le 1 entouré signifie que tu dois poser ton index sur la première case de la troisième corde (on compte toujours les cordes en partant du bas, ne me demande pas pourquoi, c'est comme ça).

- le 3 entouré signifie que tu dois poser ton annulaire sur la deuxième case de la 4ème corde.

- le 2 entouré signifie que tu dois poser ton majeur sur la deuxième case de la cinquième corde.

Une fois que tu as bien posé tes petits doigts là où on t’a dit, tu joues toutes les cordes de haut en bas dans un grand geste majestueux. 

Qu’entends-tu alors ? Rien, ou plutôt un drôle de son qui devrait ressembler à peu près à ça : “dzzzoing-tchok-tchok-tchok-tchok”.

Tu recommences aussitôt, avec un résultat à peu près similaire...

Mais… mais… mais… What the fuck ? te demandes-tu, inteloqué.

Eh bien, sache, jeune ami, que tu viens d’atteindre le premier palier fatidique par lequel tout apprenti rockstar est contraint de passer. C’est une sorte de test que le dieu du rock’n’roll te fait passer afin de voir si tu es digne de porter la bonne parole auprès des ouailles esbaudies. Il n’en faudra pas plus aux plus fragiles d’entre vous pour reconsidérer leur vocation et s’orienter vers une autre marotte plus instantanément valorisante comme l’inclusion d’insectes sous plastique ou le remplissage des sodokus de Direct matin. Mais toi, jeune héros des temps modernes, tu ne vas pas te laisser impressionner pour si peu, et tu vas t’acharner comme un beau diable car tu sais précisément où est ta place : sous les sunlights des plus grands stades du monde (et des salles des fêtes les mieux chauffées).

Donc, tu recommences encore et encore (c'est que le début, d’accord d’accord), tu révises la position de tes doigts et tu persévères. Au bout d’un moment, tu commences à en avoir marre, alors tu passes au La. Et là, même topo : “dzzzoing-tchok-tchok-tchok-tchok”. Pas grave, essaie donc le Ré (attention : seules les 4 premières cordes doivent être jouées). Pas concluant non plus ? Who cares ? !! Le plus important, pour le moment, est de résister à cette colossale envie d’envoyer ta guitare dans le premier mur venu en hurlant ta haine de la société. Tu pourras accomplir ce geste de rébellion plus tard, bien plus tard, lorsque tu auras appris à jouer et que tes royalties te le permettront. En attendant, souffle un peu, va faire un tour dans le jardin, puis essaie à nouveau. Au bout d’un moment, un jour, deux jours, une semaine, les positions des accords finiront par s’imprimer dans ton cerveau enfiévré, tes doigts se placeront tous seuls sur le manche et les cordes sonneront sans entraves : tu auras passé la première épreuve !

 

Prochain article : Note sur la notation des notes

Par Allan Catboss
Tu peux réagir, kid intrépide ! - Voir les 1 com de kids intrépides

Tu l’auras compris, kid perspicace, ces fameux accords vont te permettre de faire tes premiers pas dans le métier de rockstar en offrant un écrin de choix à ta voix de gargouille mal dégrossie. Il est donc indispensable de les apprendre. Oh ! Mais je constate en voyant ta mine renfrognée que la perspective d’user durant des heures la peau délicate de tes doigts boudinés sur ton manche, tentant laborieusement d’ingurgiter une multitude d’accords compliqués qui font mal aux articulations ne t’enchante pas ! Allons, cesse de faire du boudin, et lis plutôt...

Comme tes longues années de collège te l’ont sans doute appris, pour jouer de la musique, 7 notes sont mises à ta disposition : do, ré, mi, fa, sol, la, si (et en toute logique, autant d’accords). Ce n’est pas beaucoup, mais de toute évidence, pour toi, c'est déjà beaucoup trop. Eh bien I got good news for you, babe : dans le monde merveilleux du rock’n’roll, on peut très bien construire une carrière sur  3 notes (dans le monde de la techno, ça tombe à deux). “Abracadabra” est la formule magique du prestidigitateur, “Milaré” est la formule magique de la rockstar. Avec ces seuls trois accords, tu disposes, petit veinard,  d’un répertoire de milliers de chansons incontournables ! Citons dans le plus joyeux désordre : l’intégrale de Chuck Berry, de Little Richard, de Gene Vincent, de Jerry Lee Lewis, d’Eddie Cochran, mais aussi un bon paquet d’Evlis Presley... bref, tous les fondateurs du rock’n’roll (nous reviendrons plus tard sur le pourquoi).

Mais ne va pas imaginer que le règne du Milaré s'est achevé à la fin des années 50. Même si la musique s’est ensuite notablement enrichie, le trio gagnant n’a jamais réellement quitté le devant de la scène, de Michel Polnareff (La poupée qui fait non) à AC/DC (Higway to hell).  Bien sûr, nous verrons plus tard, lorsque tu seras devenu un virtuose du Milaré, qu’il existe des séries d’accords, à peine plus compliquées, qui te permettront de jouer quantité de standards avec une facilité déconcertante.

Mais ne grillons pas les étapes (j’ai remarqué que tu te décourages très vite, petit fripon) et cantonnons-nous (bonus : si tu répètes très vite sans t’arrêter les deux mots avant la parenthèse, tu découvriras que toi aussi, tu sais imiter le train en rase campagne)  à l’apprentissage du triumvirat sacré, voie royale pour bien débuter ton voyage au pays du rock’n’roll.

 jonny

Johnny, sur une guitare spécialement conçue pour lui, nous montre un accord spécialement conçu par lui.

 

Prochain article : Etudions le Milaré

Par Allan Catboss - Publié dans : Apprendre à jouer
Tu peux réagir, kid intrépide ! - Voir les 1 com de kids intrépides

Comme on peut très bien parler sans savoir lire, on peut très bien jouer de la musique sans connaître le solfège, voilà le fond de ma pensée, jeune kid avide de connaissance facile, et je sais que ce n‘est pas pour te déplaire ! Bien sûr, si je t’annonçais tout de go : “Tu vas jouer les valses de Chopin comme un dieu sans connaître le solfège en t'entraînant juste 5 minutes par jour” tu pourrais à juste titre subodorer l’escroquerie. Mais de quoi parlons-nous, précisément sur ce blog ? Eh bien, je vais te le dire : de rock’n’roll !  De fucking rock’n’roll, musique de la jeunesse, de la rapidité, de l’improvisation, et de rien d’autre ! Imagines-tu une seconde John Lennon s’échiner à déchiffrer des partoches pour apprendre un morceau de son idôle Buddy Holly ? Bien sûr que non ! Tout à la feuille et au feeling ! Et c'est précisément cette méthode que nous allons employer pour arriver à nos fins.

Toutefois (tu auras remarqué qu’il y a souvent un “toutefois”) quelques notions ultra basiques sont indispensables si on ne veut pas se mélanger les pinceaux. Tu vas voir, ça ne sera pas long !

Qu’est-ce que la musique finalement ? Trois ingrédients de base suffisent à la définir : le rythme, la mélodie et l’harmonie. Si le rythme et la mélodie sont obligatoires, il est vrai que l’on pourrait éventuellement se passer de l’harmonie, mais dans ce cas, toutes les chansons ressembleraient au sifflotement d’un peintre en bâtiment sur un échafaudage, et avoue que les albums de Deep Purple n’auraient pas la même gueule. Le mieux est donc de ne négliger aucune de ces composantes. Pour ma part, j’ajouterai un élément supplémentaire : l’arrangement, ce qui va donner la couleur, l’ambiance du morceau. A titre d’exemple, “Johnny B goode” ne donnera pas du tout le même résultat selon qu’il est joué par un accordéon, un xylophone et une scie musicale ou le bon vieux trio guitare/basse/batterie.

Mais reprenons chaque élément un par un.

Le rythme : chaque instrument y contribue, mais dans le rock, c’est la batterie qui a en charge de le soutenir. Si tu  joues seul un morceau à la guitare, il peut être utile de s’aider du pied, qui fera alors office de batterie du pauvre. John Lee Hooker, dans ses premiers enregistrements est un spécialiste de cette technique (Boogie Chillun, 1948) qu’il a même améliorée en collant sous sa semelle une capsule de bouteille qui résonne avec force sur le plancher du studio (probablement une arrière-salle de coiffeur qui servait de studio d’enregistrement, pratique commune à cette époque).

La mélodie : c’est généralement le travail du chanteur, même si un instrument peu s’en acquitter, notamment sur les morceaux justement intitulés “instrumentaux” (Dick Dale, Misirlou, 1962).

L’harmonie : c’est tout ce qui va soutenir la mélodie. L’harmonie la plus simple et laplus facile à appréhender pour un guitariste est la technique de jeu en accords. Un accord, c’est un ensemble de notes qui posséde une dominante : accord de mi, de fa, de sol, etc. En rock’n’roll pur et dur, il y a trois types d’accord : les majeurs (do, ré, etc) les mineurs (do m, ré m, etc) qui donnent une couleur triste aux accords, et les septièmes, qui sont multi tâches. (do7, ré7, etc).

  showfile
Le solfège : pas très rock'n'roll

Article suivant : allons plus loin dans les accords

Par Allan Catboss - Publié dans : Apprendre à jouer
Tu peux réagir, kid intrépide ! - Voir les 0 com de kids intrépides

jcm800.jpgKeith Richards a dit un jour : “Une guitare sans ampli, c’est comme une belle fille qui lui manquerait un oeil”. Ce qu’il cherchait à signifier, c’est que si tu n’as pas d’ampli, ça ne sert à rien d’essayer de jouer de la guitare électrique : personne ne t'entendra. Il te faut donc en posséder un, obligatoirement.

Il existe une infinité de modèles de toutes les tailles et de toutes les puissances. Quelques marques qui ont façonné l'histoire du rock’n’roll se détachent du lot : Marshall, Fender, Orange, Mesa... Pour faire simple une fois encore, il existe deux types d’ampli : ceux qui fonctionnent avec des lampes et ceux qui fonctionnent avec des transistors. Les premiers sont les plus côtés, car le son des lampes est réputé plus chaud, mais ils sont plus chers et aussi plus fragiles (une lampe, ça grille). Pour les transistors, c'est tout le contraire, même s’il faut bien reconnaître que les fabriquants ont fait de très gros progrès ces dernières décennies en matière de son : c’est moins métallique, moins froid. Il n’est donc pas honteux de jouer sur un ampli à transistor (BB King, en concert, joue sur un simple Fender Twin sans lampe).

Le plus important est d’avoir un matériel adapté à tes besoins : inutile de posséder un mur de Marshall JCM 800 si tu ne joues que dans ta chambre de 10 m2, à moins que tu n’aies les moyens de refaire le papier peint tous les 3 jours.

Sur un ampli, il y a tout un tas de boutons, parfois jusqu’à l’excès, au point qu’on pourrait confondre sa façade avec le tableau de bord d’un Airbus 320. Attachons-nous à étudier ceux qui sont présents le plus fréquemment :

- le volume : a priori, tout le monde sait ce que c’est.

- les réglages d’équalisation : ils sont en général au nombre de trois : bass, medium, treble.

- le contour : il s’agit d’un filtre qui booste les aigus et les basses, surtout à faible volume, donc pas pour toi, jeune kid énervé !

- le gain : C’est LE bouton qui donne le gros son : plus tu le tournes et plus ça déchire... du moins en théorie, car sur certains modèles bas de gamme, ça chie plus que ça ne déchire.

- la réverb’ : ou réverbération (tu noteras que les apprentis rockstar, outre les termes anglais, aime à user et abuser des diminutifs, comme “zicos” pour musicien, ou “fly” pour fly-case, “matos” pour matériel) . Bref, la réverb te donnera l’impression, si tu la pousses à fond, de jouer dans Notre-dame de Paris (pas la comédie musicale, la cathédrale). Sympa pour donner un peu de profondeur, mais il ne faut pas en abuser.

Nous allons voir dans l’article suivant qu’il est possible d’améliorer le son de son ampli grâce à de petits appareils communément posés à même le sol et que l’on appelle “pédale”.

Par Allan Catboss - Publié dans : Le matos
Tu peux réagir, kid intrépide ! - Voir les 0 com de kids intrépides

Un blog super

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus